Plus les mois passent et plus les témoignages sont puissants ! C’est tellement agréable de comparer nos différents points de vue sur la fonction achats. J’ai vraiment l’impression que nous faisons tous un métier différent, alors que le titre est le même.

Une question très philosophique se pose : pourquoi est-ce si différent ? Est-ce notre regard sur la fonction ? Est-ce la fonction qui est unique pour chaque entreprise ?

J’espère que nous pourrons débattre tous ensemble, entre Buyers sur le sujet.

Mais la parole ne me revient pas de droit dans cet article ! Je vais laisser la Commu s’exprimer sur le plus beau des sujets : les achats.

Voici nos 5 participants de la semaine. Bonne lecture les Buyers !

Le mot de Julien Beaudet

Qui est l’ami des Achats ?

Le commercial veut l’entourlouper.

Le prescripteur te court-circuite.

L’utilisateur ne comprend pas ton rôle.

La qualité change perpétuellement le cahier des charges.

Les appros n’anticipent pas assez et sont toujours en rupture.

La compta te noie dans l’administratif.

Le juriste ne veut pas lâcher sur cette clause contractuelle.

Le contrôle de gestion te demande des comptes.

Le DAF remet en cause la valorisation des économies que tu apportes.

La R&D a peur que tu divulgues des infos confidentielles.

Tes collègues jugent qu’ils feraient mieux.

Ton chef rehausse tes objectifs avant que tu ne les atteignes.

Faut-il aimer souffrir pour être Acheteur ? Ou peut-être ne pas oublier que nous sommes avant tout une fonction support qui est là pour faciliter, optimiser et sécuriser l’acte d’Achat… bref un service à vendre en interne, et à intégrer avec les autres processus. Donc arrêtons de chercher des amis et créons des opportunités !

Le mot d’Alice Girard

Petit précis de cahier des charges à l’égard de… tous ceux qui sont amenés à en écrire

Nous avons tous été confrontés un jour au même démon : le cahier des charges écrit avec les pieds.

Mettons-nous dans la peau du commercial qui se voit confier l’appel d’offres sans connaître l’acheteur qui l’a envoyé, qui se retrouve avec 2 lignes de directives, des chiffres aussi précis qu’un article de BFMTV et 1 photo floue volée sur Internet, à transposer en 3 jours en une offre de 40 pages et 15 slides Power Point à remettre en 5 exemplaires papier, il va imaginer avoir en face de lui :

  1. Un stagiaire
  2. Un cost-killer qui ne connaît rien à son sujet et qui va attaquer uniquement le prix
  3. Quelqu’un qui n’a aucun respect pour le travail que représente la réponse à un appel d’offres

Et de cette appréciation ne peuvent naître que 3 résultats :

  • Une proposition symbolique (au mieux un prix et des CGV non négociables), qui va filer directement à la poubelle accompagnée de notre réputation, sans même un mail de réponse
  • Une proposition travaillée mais à mille lieux des attentes, qui finira donc également à la poubelle rejoindre nos espoirs et nos objectifs (on connaît tous la BD de la balançoire)
  • Rien du tout, parce CDC minime = client pénible et qu’il vaut donc mieux fuir…

Alors amis acheteurs, acheteuses, si vous ne vous retrouvez ni en a), b) ou c), faites obstacle à l’intégration de ce type de cahier des charges dans vos consultations, il en va de votre temps, de votre crédibilité et de celle de toute la profession.

Le mot de Thierry Lesueur

Vous aimez les achats !?……Oui, moi non plus !

Eh oui, vous connaissez peut-être la chanson de Serge Gainsbourg « je t’aime moi non plus »

Je m’explique,….ce titre de chanson s’applique bien aux achats…

Si si, vous allez voir ! Soit par votre expérience personnelle de la fonction soit par le contexte dans votre entreprise.

Il y a maintenant plus de 20 ans se montait la structure achats dans mon entreprise avec le recrutement au niveau national d’un Acheteur senior « à gros pédigrée ». Une façon de monter rapidement une équipe était un choix assumé pour casser « les convenances ». C’était marche ou crève… en 2 ans il ne restait plus que 20 % de l’équipe d’origine (oui, encore ce bon vieux Pareto).

Eh bien oui ! Nous détestions ce type odieux qui bouffait notre vie H24 en même temps qu’il nous apprenait ce métier formidable, et la passion l’emportait sur le reste

Vous voulez d’autres exemples !?

Votre prescripteur….qui vous déteste cordialement quand  vous le prenez en train de négocier dans votre dos avec son fournisseur préféré,…c’est ce même prescripteur, le jour où il faudra tirer les prix pour un projet mal vendu, qui viendra vous supplier de régler son problème pour demain

Votre fournisseur bien sûr qui vous traitera de noms d’oiseaux en sortie de négo à cause du prix que vous aurez fini par obtenir, mais qui viendra plus tard vous remercier du chiffre d’affaires apporté leur ayant permis d’embaucher un technicien de plus avec plein de nouvelles compétences pour développer son CA…

Bon j’arrête là les exemples car je pense que vous avez compris qu’on ne fait pas ce métier longtemps si l’on n’est pas passionné !

Le mot de Leïla T.

Dur dur d’être une buyeuse !

Mais c’est quoi ton métier ? Tu fais du shopping? Tu fais du cost killing? Mais tu ne fais rien de tes journées, tu passes ton temps à parler. Voici les remarques les plus récurrentes sur mon métier. Ça vous dit quelque chose ?

  • 1ere difficulté que j’ai notée dans les achats, comment faire son métier correctement quand les gens ne comprennent pas ce que vous faites ? Alors il faut s’armer de beaucoup de patience et de pédagogie. Non la buyeuse n’est pas là pour tordre le cou des fournisseurs et leur faire signer un contrat. Elle est là pour comprendre le besoin et accompagner dans la réalisation d’un achat sûr.
  • 2e difficulté, avoir la légitimité. Après tout toi tu n’es qu’acheteur, tu ne connais rien à mon métier, je sais mieux que toi. Humilité, empathie et curiosité. La buyeuse n’a pas vocation à être experte en tout mais s’intéresse à tout et surtout aux enjeux des uns et des autres.
  • 3e difficulté, la communication. Chaque corps de métier a son propre mode de communication. La capacité d’adaptation est primordiale, heureusement la buyeuse est polyglotte et sert de traductrice entre le métier, le juridique, l’informatique etc…
  • 4e difficulté, avoir le rôle de l’enquiquineuse de service. Ce rôle est souvent nécessaire que ce soit pour servir de disjoncteur entre prescripteur et fournisseur ou encore mener une conduite du changement. Heureusement la buyeuse sait prendre du recul et a confiance en elle.

La vie d’une buyeuse est parsemée d’embûches, ce n’est pas un métier facile et contrairement aux idées reçues tout le monde ne peut pas s’improviser buyeuse. Mais j’aime ce métier que je trouve tellement enrichissant tant humainement que sur les connaissances acquises. J’aime son côté relationnel et la satisfaction des efforts récompensés quand le prescripteur vient vous voir dès la naissance d’un projet ou encore quand un fournisseur cherche votre implication au lieu de la fuir.

Ps : si vous n’aviez pas en tête une célèbre chanson des années 90, j’espère que c’est chose faite !

Le mot de Sylvain Le Goff

« Pourquoi les achats … ? »

Faisant partie des heureux élus, je me dois de rédiger un devoir maison sur le mot des achats. Me voilà de retour à mes souvenirs d’étudiant…

J’ai découvert le métier des achats lors de ma deuxième année de DUT. Ma première question a été « Qu’est-ce que les achats… ? ». Je me suis retrouvé dans la même situation que certaines personnes pensent qu’aux achats nous passons notre temps à écrire le code « cryptogramme » sur internet et nous passons commande… Je me trompais largement.

Les 5 premières minutes m’ont permis d’ouvrir mes œillères, les 5 minutes suivantes m’ont époustouflé. Au bout de 2h de cours, mon plan de carrière était acté – « Un jour je serais acheteur … ! ». Aujourd’hui je suis comme Néo, j’utilise des matrices avec mon ami Kraljic.

Aux achats, on ne s’ennuie pas, la routine n’existe pas. Nous sommes chercheurs, pompiers, urgentistes, diplomates, politiciens, stratèges. Et évidemment accro aux cafés, parfois au thé mais chut…

Ce que j’aime aux achats ? C’est son côté relationnel, que ce soit avec les fournisseurs ou en interne (production, logistique, approvisionneur, comptabilité, bureau d’études, qualité, etc). Bref, il faut être bavard.

Que ce soit le côté relationnel ou la routine, les appros et les achats sont jumeaux.

Pour terminer, grâce à mes expériences aux achats et aux appros, cela m’a permis de combattre ma grande timidité. Un trait de caractère dont je me sers aujourd’hui pour sortir de ma zone de confort. Très important aux achats pour s’améliorer en permanence.

Le mot de la fin

Merci à nos 5 Buyers pour cette transparence et cette passion. Même si nos jobs sont très différents en pratique, une chose reste universelle : la passion. Ce n’est pas une passion comme nous avons l’habitude de la voir, avec des étoiles dans les yeux, où des frissons dans le dos, c’est une passion qui traverse nos tripes, c’est une passion qui traverse à la fois notre cerveau gauche et notre cerveau droit !

Et vous, comment ressentez-vous cette passion des achats ?

Quentin, Coach en achats

Quentin MIRABLON

About Quentin MIRABLON

Quentin est un électron libre, agile, créatif et passionné qui aime apprendre et visiter toutes les facettes de la fonction achats. Après une thèse sur le leadership en achats en 2017, il multiplie les expériences dans de grandes entreprises européennes. En 2018, il décide de créer The Buyer's Lab, un cabinet de conseils et coaching achats qui accompagne les entreprises de toutes tailles pour améliorer leur performance achat.

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