Salut la commu, on se retrouve pour un Mot des achats a.k.a. MDA pour les intimes.

Cette semaine, le petit comité de rédaction est exclusivement composé de Buyeuses (les lois du hasard) !

Au programme pour cette troisième édition : de la passion, du positif et des trips d’authentiques acheteurs.

Que demander de plus ??

Je laisse la parole à nos cinq passionnées !

Le mot de Laurence Richerdt

Les achats et moi ? Une histoire pérenne.

La fonction achats ? C’est elle qui m’a choisie : en 5’ à peine, ma carrière a pris un virage de 90°.

Ce que j’apprécie dans le métier ? Tout d’abord, le fait que cette fonction transverse permette d’avoir une vue globale de l’entreprise avec un spectre large d’interlocuteurs internes et externes. Parler plusieurs langues, développer une ouverture d’esprit à des cultures différentes ouvre le champ des possibles et fait tout son sens lorsque les fournisseurs sont internationaux.

J’aime l’adaptabilité et la flexibilité, aussi bien cérébrales que physiques (eh oui, les fameux allers-retours à l’entrepôt et en production), que requiert la fonction : chaque jour est unique et apporte son lot de surprises, souvent bonnes, quelquefois moins. Rares sont les fois où le planning se déroule selon les prévisions.

Quant à la rigueur, l’organisation et l’anticipation, elles sont des atouts qui permettent de mieux jongler entre dossiers, donneurs d’ordre, Codir et fournisseurs.

Si je devais faire une métaphore, je comparerais les achats à l’une de mes passions, la randonnée longue distance. Aux achats comme en randonnée, le but est d’atteindre l’objectif fixé. Avant de partir, on prépare son équipement en fonction de la technicité du parcours et de sa durée. En cours de route, il arrive néanmoins de devoir faire face à des imprévus, une bonne averse par exemple, qui obligent à revoir la stratégie, le parcours ou même les deux. Néanmoins, ténacité et persévérance payent toujours même si la route prend plus de temps que prévu.

A l’inverse, la marge de manœuvre et le rayon d’action sont grands, on fait de belles rencontres, on voit des paysages magnifiques et on fait le plein d’énergie positive. Que dire de la joie lorsque le but est atteint ! Vous savez, ce sentiment que l’on éprouve après une négociation réussie ?

Je l’affirme : aux achats, l’on ne s’ennuie pas. La fonction, et c’est encore plus vrai avec la pandémie actuelle, garde toutes ses lettres de noblesse. A notre charge de les développer bien plus encore et faire en sorte qu’elles perdurent.

Au fait, les achats et moi fêtons cette année, nos noces de porcelaine.

Le mot de Marine Marchandise

Les achats : bien plus qu’une histoire d’argent !

J’ai un cousin ingénieur avec qui j’ai des discutions houleuses sur le travail des acheteurs. Pour lui et ses collègues (et c’est ainsi dans beaucoup d’entreprises), nous sommes des dépensiers qui mettent leur nez dans leurs affaires.

Tout ce qui nous importe, c’est de réduire les coûts.

Cette image a d’ailleurs longtemps été accentuée par la grande distribution. Mais s’ils comprenaient que notre travail c’est bien plus que ça ! On ne travaille pas contre eux. On essaie de travailler avec eux.

Ce qui me plaît vraiment aux achats, c’est cette relation avec les autres ; prescripteurs, fournisseurs, juristes, commerciaux, etc. Et bien entendu, ce qui peut sortir de ces échanges et de ces relations tendant vers l’amalgame.

Ce que j’aime aussi, c’est l’impact qu’on peut avoir sur l’environnement social et écologique en adaptant nos achats et en ne faisant pas passer le coût en priorité. Nous ne sommes pas simplement des dépensiers. Nous sommes avant tout des collaborateurs qui souhaitons travailler main dans la main et apporter une valeur ajoutée.

Le mot de Stephanie Leytem

Voici pourquoi j’aime la fonction achats.

Il n’y a aucune place à la monotonie, j’ai l’impression d’avoir plusieurs fonctions en une.

Parfois Chercheur pour trouver le nouveau produit qui fera sensation ou la solution à une problématique.

  • Parfois Médiateur pour trouver un accord entre le fournisseur et le prescripteur.
  • Parfois Comptable pour le goût du chiffre et l’étude financière des fournisseurs.
  • Parfois Enseignant pour la capacité d’écoute et la pédagogie.
  • Parfois « Homme politique » pour convaincre de ses choix.
  • Parfois Juriste pour contracter avec les fournisseurs dans les meilleurs conditions.
  • Parfois Auditeur pour déceler ce que l’on ne vous dit pas lors d’une visite d’usine.
  • Parfois Négociateur pour trouver un terrain d’entente, et obtenir le meilleur accord.
  • Parfois aussi Acteur pour jouer le jeu avec le fournisseur, avec ce qu’on sait et ce qu’on ne sait pas pour réussir notre mission.
  • Et oui, j’ose, parfois même Commercial pour le challenge.

Dans ce métier, j’apprends tous les jours et c’est ce qui fait sa richesse. La liste est infinie du pourquoi j’aime mon métier.

Le mot d’Ahlam Chaouad

Tout récemment, on m’a demandé ce que je dirai à un jeune qui aimerait s’orienter vers la fonction Achats.

Alors je me suis posée la question : Pourquoi suis-je devenue une passionnée, accro des Achats?  Pour mille et une raisons…

Mais je ne peux pas toutes les citer parce que Quentin m’a demandé de tenir en quelques lignes…

La fonction Achats, Je l’aime, un peu, beaucoup, passionnément… à la folie… !

Oubliez le « pas du tout », ce n’est pas possible !

Le constat que j’ai pu faire en échangeant avec les acheteurs de différents horizons, est que quel que soit notre parcours pour arriver jusqu’à la fonction Achats, une fois qu’on est tombé dedans, c’est comme « Obélix et la Potion magique », on a qu’une envie c’est d’en reprendre encore et encore !

La fonction Achats, Je l’aime, 

  • Un peu :

Parce qu’elle nécessite une part administrative importante très chronophage, qui n’a pas une grande plus-value à court terme, mais pourtant incontournable et nécessaire pour documenter l’ensemble des actions menées.

Parce qu’elle nous impose de faire des choix, alors même qu’on aimerait pouvoir attribuer un marché à plusieurs fournisseurs qui se sont donnés à fond, mais au final c’est comme dans Koh Lanta, on en garde qu’un seul !

On garde celui qui a été le plus endurant pendant tout le processus de sélection,  celui qui a eu la meilleure stratégie commerciale à tous les niveaux et qui n’a pas juste cherché l’immunité auprès de l’opérationnel. C’est le jeu..!

La fonction Achats, Je l’aime, 

  • Beaucoup :

Parce qu’elle nous permet de travailler sur des sujets divers et variés, parfois très techniques, complexes ou pas… Et qu’on en apprend tous les jours au contact de différents experts internes : car elle nous amène à travailler avec l’ensemble des services de l’entreprise, et les experts externes car les mieux placés sur les produits/services en vente sont bien nos chers vendeurs et leurs binômes techniques !

Les échanges avec tous les acteurs du process Achats sont enrichissants et instructifs, et contribuent à construire la position que l’on veut donner à la fonction au sein de l’entreprise.

On apprend oui, c’est certain, pour autant que l’on soit un peu curieux!

Exit l’acheteur qui ne travaille pas ses dossiers et qui ne sait pas vraiment ce qu’il achète.. 

La fonction Achats, Je l’aime, 

  • Passionnément:

Parce que c’est seulement une fois qu’on a bien préparé son sujet qu’on peut entrer en scène pour mener une négociation. Parce qu’il faut le dire, le redire et le répéter encore, les Achats ne doivent pas entrer en négociation avec pour simple argument un titre d’acheteur, ou de Responsable des Achats à agiter au nez du fournisseur !

Exit le « Allo c’est le Service Achats, faut baisser ton prix.. » 

La fonction Achats, Je l’aime, 

  • À la folie:

Parce qu’elle permet en permanence de se surpasser, d’atteindre des objectifs ambitieux au départ presque insoupçonnés.

Et quelle satisfaction que de regarder dans le rétroviseur et voir le chemin parcouru à la prise du poste jusqu’à la mise en place d’un Package Achats (Politique, stratégies, procédures, Best practices…) package bien établi, respecté par tous !

Car on doit l’avouer le chemin est parfois long, semé d’embûches, mais la satisfaction n’en est que plus grande quand on a atteint l’objectif !

Et tout cela demande bien entendu beaucoup de travail, du savoir, du savoir-faire et du savoir être !

Alors à tous les nouveaux entrants dans la fonction, sachez que tout le monde cherche une forme de reconnaissance sur les résultats obtenus, mais si j’avais un conseil à donner, ce serait de s’inspirer de cette citation de Confucius :

 » Ne vous souciez pas de ne pas être remarqué ; cherchez plutôt à faire quelque chose de remarquable. » 

Le mot d’Anne-Cécile Thiery

Salut la Commu,

Quand un certain Q.M. (mais qui est-ce donc ???) m’a proposé d’écrire quelques lignes, moi, petite acheteuse/approvisionneuse, me suis dit : « Ta mission si tu l’acceptes : expliquer pourquoi achats + appros = même combat ! » Après 3 secondes et demie d’intense réflexion, l’évidence m’est apparue : « Gooooooo !!! ».

Rappel succinct : l’acheteur est responsable du niveau des prix, l’appro du niveau des stocks. Les deux impactent le résultat financier de l’entreprise. Mais si, en général, les volumes avantagent l’acheteur, ils sont l’ennemi de l’approvisionneur ! Alors comment concilier les 2 ? Quand on doit exercer les 2 rôles, facile, on se tire rarement dans le pied tout seul – si on est normalement constitué… Mais quand achats et approvisionnements sont 2 services séparés, c’est généralement moins évident…

Le secret ? Forecasts et communication ! Dans une structure où la production est lisse et sans vague, ou presque, pas de souci, chacun peut exercer tranquillement son job sans trop de surprises. A l’inverse, lorsque les besoins commencent à fluctuer version tsunami, il est indispensable qu’achats et appros travaillent main dans la main : l’acheteur doit réviser ses volumes d’achats, et donc potentiellement ses prix, et l’approvisionneur doit modifier ses besoins. Peu importe que ce soit en plus ou en moins, les ajustements sont nécessaires. Si les prix augmentent car les volumes baissent, pas si grave : on met le paquet sur la baisse des stocks pour compenser. Et inversement. Pour arriver à ça, il faut qu’achats et appros travaillent en permanence ensemble, avec les fournisseurs qui doivent régulièrement être tenus au fait des évolutions de production.

Analyser les besoins (appros), analyser le marché (achat), ajuster avec les fournisseurs (appros + achats), c’est la clé du partenariat entre les 3 pour une réussite commune. Et ça marche quel que soit votre niveau d’achats dans la structure de votre organisation : il faut toujours ajuster les volumes ! Le fournisseur a qui l’on annonce 100 pour finalement faire 60 n’oubliera pas. Celui qui qui en a été informé, et aura pu ajuster de son côté gardera confiance en vous, et vous aidera au prochain coup de bambou.

Un de mes anciens responsable disait : « Je fais un job de schizophrène, mais j’me soigne » … Je dirais aujourd’hui avec mon expérience : « Je fais un job de schizophrène, mais j’adore ça ! ». Alors Ami Acheteur, prêt à schizophrèner avec moi ? J’espère ! Car pour finir, n’oublions pas que si on a tous bien travaillé ensemble, c’est le client final qui sera satisfait et qui reviendra.

C’est le but, non ?

Mot de la fin

Que puis-je ajouter de plus ? Si ce n’est un grand MERCI !

Merci pour cette passion ;

Merci pour cette authenticité ;

Merci le partage !

Prenez soin de vous et au plaisir de vous lire dans le prochain MDA !

May the Buyer’s force be with you.

Quentin MIRABLON

About Quentin MIRABLON

Quentin est un électron libre, agile, créatif et passionné qui aime apprendre et visiter toutes les facettes de la fonction achats. Après une thèse sur le leadership en achats en 2017, il multiplie les expériences dans de grandes entreprises européennes. En 2018, il décide de créer The Buyer's Lab, un cabinet de conseils et coaching achats qui accompagne les entreprises de toutes tailles pour améliorer leur performance achat.

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