Hello les Buyers, j’espère que vous vous portez bien malgré cette période remplie de turbulences. C’est l’occasion de proposer du contenu plus original. D’ailleurs, laissez-moi vous présenter notre nouvelle rubrique (pas mal la transition hein) : Le mot des achats.

Tous les premiers du mois, cinq membres des Buyers (qu’ils soient ultra-actifs et connus par vous autres lecteurs, ou qu’ils restent dans l’ombre) se dévoileront en quelques-lignes. L’occasion pour vous de lire autre chose que mes articles habituels. Les sujets seront divers et variés, pas de limite ou de sujet imposé, du moment où il y a un lien avec les achats.

Bon, mon p’tit paragraphe d’intro est terminé, je me barre momentanément et je laisse la parole à ma commu.

Lumière des projecteurs : ON !

Le mot de Judith Barilone

« Mais qu’est-ce que je suis allée faire dans cette galère?« 

C’est parfois ce que je me dis au boulot. J’ai même tenté de faire autre chose, mais non, ce n’était pas ça finalement… Pourquoi ? Parce que les achats c’est tellement peu défini en réalité qu’on y fait ce qu’on veut, qu’on y fait tout.

Oui il y a un cadre, des process (enfin dans les grands groupes surtout), des outils… mais en fait je choisis mes fournisseurs, je choisis le lien que j’ai avec eux,  je choisis ma stratégie…

Je suis un peu technicienne, un peu logisticienne, un peu juriste, un peu comptable, un peu communicante et beaucoup couteau suisse!!! Et ça c’est divertissant. Savoir où je veux aller, où je dois aller et choisir mon chemin, mettre mes goûts et ma personnalité en avant pour réussir… c’est kiffant.

Je suis tombée dedans quand j’étais petite (Coucou papa), j’ai eu des profs passionnés ensuite, de quoi avoir envie de me lancer dans ce monde à façonner. Et sortir des sentiers battus! Quand on a essayé on veut recommencer. J’ai voulu faire des achats mon métier quand j’ai compris qu’à l’époque très peu de gens savaient ce que c’était alors que je les voyais déjà comme un rouage fabuleux de chaque entreprise…

Donc voilà: « Je suis acheteuse et je le reste, et dans le verbe et dans le geste, vos projets sont devenus les miens, mon équipe est pluridisciplinaire, je suis acheteuse dans mes négos, dans mon panel et mes KPIs, j’ai l’agilité de mon espèce, je suis acheteuse et je le reste. » (Merci Claude Barzotti) !

Le mot de Julie Lecomte

J’aime les achats pour deux raisons :

  • Pour la pluralité des secteurs dans lesquels ils peuvent être appliqués ;
  • Mais aussi pour la diversité du public avec lequel l’acheteur est amené à collaborer.

Les enjeux sont multiples et les challenges sont nombreux. Voilà pourquoi, il est impossible de s’ennuyer dans cette fonction. J’ai obtenu un grand apport professionnel à pouvoir collaborer avec diverses personnes au cours de mes missions. C’est très gratifiant d’un point de vue personnel. Les achats sont très différents des idées préconçues que j’ai pu en avoir en étudiant cette matière. C’est beaucoup plus complexe et intéressant sur le terrain.

D’ici une dizaine ou une quinzaine d’années, j’imagine la fonction beaucoup plus connue du grand public et intégrée de façon systématique à tout type de structure. La fonction achats au sein des PME sera également plus renforcée et mieux reconnue par nos pairs et collègues. Je souhaite également voir au sein de la fonction, plus de reconnaissance et d’entraide entre les services techniques et les acheteurs, notamment dans la transmission d’informations.

Le mot d’Olivier Philippot

Pour ma part, la fonction achat se définit en plusieurs points importants à mes yeux :

  • L’évaluation des besoins ;
  • L’agilité et la flexibilité ;
  • L’humain ;
  • La stratégie et la négociation ;
  • Les gains (prix, qualité, partenariat, notoriété).

Sans trop rentrer dans le détail, voici ce qui m’anime, me motive et me pousse à m’améliorer continuellement dans cette partie de mon travail.

Cette fonction prend de jour en jour une place plus importante dans mes tâches quotidiennes car, pour moi, c’est un pôle stratégique sur lequel je dois travailler afin d’offrir le meilleur pour mon entreprise (notoriété, marge, CA) ainsi que mes clients (qualité, prix, rapidité de livraison).

Dans ce contexte actuel de crise sanitaire, je pense qu’il faut en profiter pour revoir sa façon de travailler, si c’est possible bien entendu ! Il faudrait favoriser les circuits courts et nos entreprises locales/nationales car très souvent nous gagnons en qualité produit et en délai d’approvisionnement. L’environnement vous dira également MERCI !

Certes les prix sont souvent plus onéreux mais je pense que des sacrifices sont nécessaires afin de limiter la casse notamment sur les achats de biens de première nécessité.

Il sera impossible de relocaliser l’ensemble de nos consommations sur notre territoire mais il faudrait le faire pour certains produits indispensables et ce sera à nous, acheteurs, de montrer l’exemple et de soutenir ces entreprises nationales.

Aujourd’hui, c’est le Covid-19 mais demain il se peut que ce soit un autre virus ou tout simplement les conditions climatiques qui nous plongent à nouveau dans ce cas de figure !

Le mot de Sylvia Lamaignère

Tombée par hasard dans les achats, quand une acheteuse qui partait m’a proposé pour la remplacer (sans doute pouvoir partir plus vite) je n’avais aucune idée de ce que pouvait être ce métier, moi la provinciale fraîchement débarquée en Île de France après des études de socio !

« Tu sais réfléchir, tu as un contact facile çà va te plaire » m’a-t-elle dit, alors pourquoi pas !

C’était il y a presque 20 ans et maintenant je ne vois pas ce que j’aurais pu faire d’autre ! J’adore mon métier car il n’est jamais monotone, et il permet d’être en contact avec une multitude de gens tant en interne quand externe.

Il nous faut souvent convaincre que nous sommes là pour aider les autres pas pour les embêter car la fonction est encore mal connue, nous sommes parfois regardé avec défiance (« j’espère que tu ne vas pas nous acheter des produits low cost c’est nous qui faisons les chantiers après ») mais quel bonheur après quelques semaines, mois (selon les freins présents dans l’entreprise) de participer aux projets dès la remise des offres aux clients, de pouvoir proposer des solutions innovantes, même si l’on râle quand on nous prend pour le pompier de service ( les acheteurs râlent souvent il faut l’avouer) quel bonheur de savoir que c’est aussi un peu grâce à nous qu’au final tout s’est bien passé et qu’un bénéfice sera dégagé.

Une chose est sûre j’ai fait ce métier par hasard mais je ne suis pas prête d’en changer !

Le mot de Nadine Nguyen

Avec la crise du COVID_19, la pénurie des masques respiratoires est devenue une inquiétude mondiale.

Avec une forte expérience dans les achats EPI depuis plus de 15 ans, j’ai déjà été confrontée à ce besoin, pour des masques FFP3.

Malgré les veilles passives et actives sur ce pays. En 2006, lors de l’explosion d’une usine chinoise, sachant que la Chine allait utiliser sa production de masques et combinaisons pour le nettoyage des zones sinistrées, nous avions dû chercher une autre source d’approvisionnement.

De mes réflexions sur cette dépendance de la Chine, la gestion du risque, et comment réduire les circuits d’appro sur ces achats stratégiques pour le milieu du BTP/Amiante…

A cette problématique, je ne voyais que la relocalisation de notre savoir-faire en France.

Cette réflexion qui m’avait effleurée l’esprit, me semblait perdue comme un grain de sable dans un désert…

Jusqu’à ce jour, où l’intervention de notre président E. Macron lors de sa visite chez Kolmi, site de production des masques, (fabrication française à Angers) vient me conforter en ce sens.

Finalement ma réflexion n’était pas si déconnante !

J’entends déjà dire: » Oui mais le coût ne sera plus le même pour une fabrication française! »

Certes, la pénurie des masques dans cette crise sanitaire, n’a-t-elle pas un coût, elle aussi? Coûts vs Risques

Bien entendu, de cette relocalisation, il faudra aussi repenser à un nouveau plan de progrès version Covid 19.0, mettre des actions sur un court, moyen, long et très très long terme avec les fournisseurs… Des actions qui visent à améliorer la performance, productivité, la qualité et en définitive les coûts.

Alors, les termes « collaboration/intégration du fnrs/relation frns prennent tous leurs sens.

#acheteuragileetintuitif

Mot de la fin

Cinq Buyers, cinq points de vues différents mais pour autant, toujours la même passion entre les lignes. C’est cette passion que nous devons faire ressortir et partager avec les Moldus des achats. Des passionnés dans les autres fonctions, il y en a depuis la nuit des temps. Il est donc temps de la propager pour notre belle fonction.

Et avec tous ces témoignages, je n’ai aucun doute sur le succès de cette propagation.

Prenez soin de vous et au plaisir de vous lire dans le prochain mot des achats !

Quentin MIRABLON

About Quentin MIRABLON

Quentin est un électron libre, agile, créatif et passionné qui aime apprendre et visiter toutes les facettes de la fonction achats. Après une thèse sur le leadership en achats en 2017, il multiplie les expériences dans de grandes entreprises européennes. En 2018, il décide de créer The Buyer's Lab, un cabinet de conseils et coaching achats qui accompagne les entreprises de toutes tailles pour améliorer leur performance achat.

Leave a Reply