Oulaaaaaaa ! Sujet sensible non ?

Pas tant que cela. C’est vraiment agréable de voir l’ouverture d’esprit de la commu des Buyers à pouvoir partager sur le sujet. Vous avez été 473 à répondre au sondage HA :

« Nous les acheteurs, avons souvent des repas avec nos fournisseurs en mode « informal business ».

D’après vous, qui doit payer ? »

Vous avez été aussi très nombreux à partager vos avis et vos bonnes pratiques dans les commentaires. C’est pour cette raison que j’ai décidé d’écrire cet article afin de capitaliser tous vos retours.

Sans plus attendre, voyons ensemble les résultats.

L’analyse des résultats

Résultats du sondage HA

Pour la grande majorité d’entre vous, la réponse a été « Chacun paie son repas ». Dans les faits, c’est pourtant quelque chose de peu commun. Mais cela prouve que le repas fournisseur n’est pas ou plus une source de distraction ou encore de « je profite pour aller dans des grands restaurants », mais une zone d’échange informelle.

Est-ce vraiment surprenant ? Pas vraiment. Regardez en interne ? Quels sont les endroits où vous récoltez le plus d’information ? Les zones d’échanges informels comme la zone pour fumeurs ou encore la sainte machine à café (d’ailleurs si vous souhaitez vous procurer des MUGS Buyer’s Life, voici le lien du post : Lien).

Oui mais en pratique, ça donne quoi ? Quelles sont les solutions qui s’offrent à nous ?

1.    Pas de repas informels

Eh oui ! De plus en plus d’entreprises (même des grands groupes comme Inditex ou H&M) ont décidé de mettre fin à ces repas « informels » avec leurs fournisseurs. La règle est plutôt simple : interdit d’accepter des dîners avec les fournisseurs.

C’est une pratique qui ne date pas d’hier. Déjà au moment de mes études, une intervenante de la grande distribution nous expliquait que les repas fournisseurs étaient interdits.

Je sais que pour beaucoup d’entre vous, cela peut vous paraitre un peu extrême. C’est vrai que c’est sympa de pouvoir échanger avec nos fournisseurs en-dehors d’une salle de réunion. Et surtout que globalement, tout se passe bien non ?

Sauf quelques dérapages à cause de l’alcool (voici un petit article sur le sujet : Lien).

Oui mais malheureusement, il y a eu de nombreux abus comme :

– La corruption ;

– Les acheteurs qui en profitaient pour aller dans les plus grands restaurants ;

Note fournisseur

– Les fournisseurs qui jouaient la carte du « voilà j’ai fait ça pour toi, tu fais ça pour moi »…

– Et d’autres anecdotes amusantes…

La question n’est pas de savoir qui est coupable, même si je pense que nous avons tous notre part de responsabilité, mais plutôt de dire STOP !

Nos relations sont bien trop précieuses pour tomber dans le piège de la corruption non ?

Heureusement, il existe des alternatives un peu moins extrêmes.

2.    Le fournisseur invite

Là, on est sur du classique. Le paiement par le fournisseur est la situation la plus régulière. C’est comme cela depuis la nuit des temps, POURQUOI CHANGER ????

Vous connaissez l’histoire, il y a eu des abus et du coup, chaque RDV peut-être une invitation à la corruption. C’est dommage mais c’est ainsi.

Mais dans les pratiques actuelles, même si le sondage semble dire le contraire, le fournisseur est encore (très souvent) à la charge de l’addition.

Encore une fois, tout est une question de relationnel et d’étape dans le processus. Ce repas ne doit pas être une incitation à le favoriser (un peu comme les cadeaux fournisseurs).

3.    L’acheteur invite

Une pratique déjà beaucoup moins courante. En effet, comme nous l’avons souligné dans le point 2, la « coutume » veut que le fournisseur invite. Mais bon… Vous connaissez mon avis sur le « on a toujours fait comme ça ». C’est l’occasion de mettre de côté ces vieilles pratiques et de « partager » les frais.

4.    Les solutions alternatives

« Quentin c’est bien beau, mais tu proposes quoi en échange ? ».

Il existe certaines pratiques alternatives qui ont toutes un point commun : on partage les frais. Tout n’est pas tout blanc ou tout noir. Comme lors de vos sorties en famille ou entre amis, ce n’est pas toujours le même qui doit « casquer ». Regardons trois solutions alternatives :

  • Celui qui reçoit paye ;
  • Une fois sur deux ;
  • Les lieux neutres comme les cantines d’entreprise …

Bons compromis non ?

Conclusion

C’est très délicat de donner des règles ou des bonnes pratiques de manière universelle. Chaque entreprise à une culture différente mais aussi tout un bagage relationnel avec ses fournisseurs.

Il faut juste éviter les abus et les comportements à risque. Il ne faut pas oublier que même quand vous êtes en dehors de la salle de réunion, vous êtes toujours au travail. Votre fournisseur n’est pas votre ami avec qui vous aller au « Balto ».

Gardez également à l’esprit que tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous, alors évitez de trop abuser de ces « sorties », même si elles sont sources de partage et de convivialité.

Tout cela pour vous dire que peu importe votre choix, ne vous mettez pas dans des situations délicates, notre travail est déjà assez complexe sans en rajouter.

Et vous ? Quelles sont vos bonnes pratiques ?

A titre personnel, je suis adepte du 50/50 (une fois sur deux).

Quentin, Coach en restaurant fournisseur

Quentin MIRABLON

About Quentin MIRABLON

Quentin est un électron libre, agile, créatif et passionné qui aime apprendre et visiter toutes les facettes de la fonction achats. Après une thèse sur le leadership en achats en 2017, il multiplie les expériences dans de grandes entreprises européennes. En 2018, il décide de créer The Buyer's Lab, un cabinet de conseils et coaching achats qui accompagne les entreprises de toutes tailles pour améliorer leur performance achat.

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